Dans mon chapitre « Quotas de diversité aux conseils d’administration : Qu’arrive-t-il maintenant? », j’ai partagé quelques renseignements sur ce que font différents pays en Europe et en Amérique du Nord à propos des quotas de conseils d’administration. Dans un souci de brièveté, j’ai limité ce que je vous présente ici, mais je voulais quand même partager davantage ces précieuses données. Voici une vision élargie de ce qui se passe actuellement avec les quotas de conseils d’administration.
Europe
« La part des femmes siégeant aux conseils d’administration va de 7,9 % au Portugal (Index PSI-20) à 18,5 % en Allemagne (Index DAX), à 22,8 % au Royaume-Uni (Index FTSE 100) et à 35,5 % en Norvège (Index OBX). » (Catalyst.org)
En Allemagne, « les conseils d’administration publics comme ceux qui surveillent les hôpitaux et les organismes de charité devront avoir 50 % de femmes siégeant à leurs conseils d’ici 2018 », a déclaré Erin Anderssen dans le Globe and Mail (12 mars 2015). Voir plus d’information sur les quotas de conseils d’administration allemands dans The Higher Learning.
Norvège — En 2011, un grand nombre d’entreprises se sont désinscrites de la Bourse norvégienne afin d’éviter d’avoir à se conformer aux quotas norvégiens de conseils d’administration. Plusieurs dirigeants norvégiens qui s’y sont opposés, cependant, sont maintenant d’accord, après avoir vécu l’expérience de l’élévation du niveau des discussions après que le statu quo de la part des femmes aux conseils ait été brisé. Comme reporté dans The Telegraph (13 janvier 2015), « la Norvège… est au sommet du palmarès de 20 pays situés dans trois régions, avec une représentation de 35,5 pc de femmes aux conseils d’administration de ces entreprises listées au OMX. »
Dans l’article « Est-ce que les quotas pour les conseils d’administration aident les femmes à avancer », publié dans le Chicago Booth Magazine, Alina Dizik écrit sur les progrès réalisés en Norvège : « Grâce aux quotas, les entreprises ont comblé l’écart entre le nombre de femmes et d’hommes comme administrateurs, puisqu’elles recrutent plus de dirigeantes femmes pour leur conseil d’administration. »
La Finlande est le leader après la Norvège avec les femmes représentant 29,9 % des administrateurs aux conseils.
La France, comme la Norvège, a également demandé à ses entreprises d’atteindre le quota de 40,0 % d’ici 2017 et elle en est déjà à presque 30,0 % actuellement, avec 29,7 % de sièges occupés par des femmes.
La Suède a 28,8 % de femmes siégeant aux conseils d’administration pour ses entreprises inscrites en Bourse.
La Belgique est en 5e position avec 23,4 %.
Grande-Bretagne — Selon The Guardian (3 février 2015), Vince Cable, secrétaire d’État aux Affaires, à l’Innovation et aux Compétences, « a évoqué le spectre de l’Europe imposant des quotas obligatoires sur le nombre d’administratrices féminines aux conseils d’administration anglais, puisqu’il pousse les plus grandes entreprises à rapidement nommer plus de femmes à des postes principaux. » Cable a déclaré : « Notre cible de 25 % de femmes aux conseils d’administration d’ici 2015 est à portée de vue. Cependant, la menace des cibles obligatoires de l’UE demeure une réalité si nous ne l’atteignons pas. »
L’Espagne est à environ 18,2 %.
Le Portugal a le nombre le plus bas de femmes aux conseils de l’Europe avec 7,9 %.
Asie-Pacifique
« La part de femmes siégeant aux conseils d’administration va de 3,1 % au Japon (Index TOPIX Core 30) à 9,5 % en Inde (Index BSE 200), jusqu’à 19,2 % en Australie (Index S & P/ASX 200). » (Catalyst.org)
L’Australie est la meneuse de la région Asie-Pacifique avec 19,2 %, alors que le Japon retarde avec 3,1 %. L’Inde et Hong Kong sont près du taux de 10,0 %. Selon Deloitte, « il n’y a présentement aucun quota de genre pour les femmes aux conseils d’administration ou à des postes principaux de direction. » Cependant, au 1er janvier 2011, les entreprises inscrites à la Bourse australienne doivent adopter et divulguer publiquement leur politique de diversité, entre autres critères.
La Chine, Hong Kong, Singapour et la Nouvelle-Zélande n’ont présentement aucun quota de genre quant aux femmes aux conseils d’administration ou à des postes principaux de direction. Des politiques et guides sur la diversité ont été introduits à Hong Kong (10,2 %) et en Nouvelle-Zélande.
L’Inde est à 9,5 % et a adopté la Loi sur les entreprises, en décembre 2012, afin d’améliorer les pratiques de gouvernance d’entreprise partout en Inde, exigeant que les entreprises publiques aient au moins une femme administratrice et un minimum de trois administrateurs au total.
La Malaisie a approuvé une politique à la mi-2011 pour arriver à au moins 30 % de représentation féminine dans des postes de décision dans le secteur privé afin de promouvoir l’égalité des sexes. « Les femmes doivent pourvoir 30 % des postes aux conseils d’administration ou à la haute direction dans les entreprises publiques et à responsabilité limitée, ayant plus de 250 employés, d’ici 2016 », selon Deloitte.
Nouvelle-Zélande et Australie — Peu de marchés boursiers ont adopté des exigences à l’effet « d’inclure des références directes au genre ou à la diversité comme critère de sélection possible pour les membres de conseils d’administration et, plus généralement, exigent des entreprises qu’elles divulguent dans leurs rapports annuels si elles ont une politique de diversité en vigueur et, dans certains cas, la répartition des genres au sein de leur conseil. » La Nouvelle-Zélande et l’Australie ouvrent la voie.
Amérique du Sud
Le Brésil songe à imposer des quotas obligatoires pour l’État et les entreprises à capital mixte, visant 40 % de représentation de femmes aux conseils d’administration d’ici 2022.
Si c’est non indiqué autrement, les données sont tirées de Catalyst, « Recensement 2014 de Catalyst : Femmes administratrices aux conseils », New York : Catalyst, 2015.
Remerciements également à Deloitte pour son rapport annuel Femmes au conseil : Une perspective globale. Le rapport de 2013 est cité dans cet article, et les efforts de Deloitte pour suivre et rapporter les données sont très appréciés.
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