Le fossé entre les genres s’est élevé à un autre niveau de conscience, du fait que les femmes sont absentes des postes de leadership et que cette tendance doit cesser. Cette conscience émerge d’une myriade de sources : les instituts universitaires, les rapports de grandes firmes de consultation en gestion, les associations professionnelles, les initiatives dirigées par des femmes, les journalistes de renom et, peut-être de manière plus importante, les conseils d’administration et leurs actionnaires qui admettent qu’un écart sérieux continue d’exister.
La diversité est un enjeu réel. Comme elle l’a écrit sur le réseau Twitter, Vivek Wadhwa, co-auteure de Femmes d’avant-garde : L’évolution de la technologie (Innovating Women: The Changing Face of Technology), étudie la situation des luttes et des triomphes des femmes : « Nous sommes en 2014 et non en 1964. C’est le temps de changer et non de faire des excuses. » Nous devons réaliser que l’écart est toujours important, qu’on ne peut l’ignorer et qu’il faut agir, c’est urgent. Il est temps de s’autonomiser, de s’appuyer et de recruter des femmes pour siéger là où il se doit.
De plus, elles ont leur place à la table du conseil d’administration. Non à cause de leur genre, mais à cause de leurs compétences et de l’étendue de leurs connaissances, de leurs talents et de la vision qu’elles apportent à la table. Il n’y a pas d’excuses qui tiennent, puisque plus de femmes ont une formation universitaire de niveau supérieur, plusieurs ont eu un parcours impressionnant d’activités professionnelles, plusieurs sont naturellement intuitives, avant-gardistes et entrepreneures, avec une sagesse transculturelle, tournées vers le monde et plurilingues. De plus, elles sont plus que prêtes à diriger à titre d’administratrices aux conseils d’administration, de cadres supérieures ou d’entrepreneures, à se démarquer et à contribuer à la meilleure gestion des entreprises.
Priorisez, abordez et comblez cet écart
Alors, maintenant que nous sommes conscients de la question, il est temps de prioriser, d’aborder et de combler l’écart qui existe. Sharon Vosmek est la chef de la direction de Astia, un organisme à but non lucratif qui soutient les femmes entrepreneures. Elle tente de valoriser l’engagement des femmes et, récemment, elle a déclaré : « Arrêtez de conseiller…, mais investissez en elles. »
Les conseils d’administration de Fortune 500 doivent harmoniser une stratégie en matière de composition des conseils pour inclure au moins une femme d’ici les deux prochaines années, non seulement parce qu’ils y sont forcés, mais parce qu’ils ont besoin de compétences distinctives que les femmes pourront mettre à leur service, et ce, tout en augmentant leur quota de mixité à l’intérieur de leurs conseils.
La vérité, c’est que nos conseils d’administration ne sont pas aussi performants qu’ils le devraient. Il est difficile d’aborder le sujet de l’optimisation de la composition des conseils d’administration et, à même ce processus, de combler l’écart en s’assurant qu’ils profitent pleinement de tous les talents disponibles, incluant les femmes, en toute objectivité.
La place des femmes dans la salle du conseil n’a que trop tardé à se faire.
Ce n’est pas la même chose que d’imposer aux entreprises l’inclusion des femmes à leur conseil d’administration, pour respecter un prorata établi. Ce qu’il faut faire, c’est avoir l’intention concrète de scruter le bassin de candidates talentueuses prêtes à siéger, puis d’agir rapidement. Les femmes ne devraient pas avoir à se justifier encore et encore — toutefois, plusieurs femmes me disent qu’il en est ainsi. Il y a plus de femmes que jamais auparavant que l’on devrait considérer comme on considère « Henri », par exemple, et que l’on devrait rencontrer en entrevue sans étiquette ni jugement préconçus, avec un désir sincère de recruter « Lucie » en se basant sur la valeur de la contribution qu’une femme peut apporter à la table.
Martha C. White a écrit dans un article paru récemment : « La présence d’une seule femme au conseil d’administration amène un résultat positif. » Grâce à mon expérience de travail vécue en étroite collaboration avec les conseils d’administration, j’ai vu et revu le changement positif que la présence d’un seul membre féminin à la table du conseil pouvait avoir dans une entreprise. Par conséquent, ce fut très gratifiant de constater que cet article soutenait ce que j’avais moi-même directement remarqué, à maintes reprises. En effet, Martha C. White poursuit en disant :
« Les conseils d’administration des entreprises qui ont une plus grande diversité des genres fonctionnent mieux, et ça ne prend qu’une femme pour faire la différence. Alors qu’avant, les recherches suggéraient qu’il fallait plusieurs femmes dans la salle du conseil pour faire bouger l’aiguille, une nouvelle étude démontre que même la présence d’un seul membre féminin au conseil amène un changement positif, particulièrement dans une industrie où la population dominante est masculine. »
Le 20 novembre 2014, partout au pays, 2020 Women on Boards a encouragé les femmes dans les conseils d’administration à se mobiliser afin d’encourager l’adoption de l’objectif de 20 % des femmes dans les conseils d’administration d’ici 2020. Je ne suis pas tant accrochée aux chiffres qu’au fait de m’assurer que le plus grand pourcentage de leaders talentueux, qui par ailleurs sont des femmes, soit reconnu et inclus afin d’alimenter le succès de nos entreprises et de nos actionnaires.
Si nos conseils d’administration prenaient le temps de repenser sérieusement les stratégies nécessaires pour optimiser la composition de leurs conseils d’administration et également d’examiner méticuleusement les profils de compétences des candidats qu’ils reçoivent, autant des femmes que des hommes, quand ils tentent de combler un siège, les chances qu’une femme réussisse à se distinguer et à décrocher le siège seraient de beaucoup supérieures.
Déplorable
Dan Konigsburg est le directeur général au service du Cabinet de services professionnels Deloitte Global Center for Corporate Governance (DTTL). Dan Konigsburg a récemment écrit sur son profil Tweeter : « Le nombre de femmes détenant des postes à des niveaux d’ancienneté est déplorable. »
Konigsburg reconnaît que l’adoption de quotas de femmes inscrites aux conseils d’administration des entreprises cotées en Bourse est un sujet controversé, puis il ajoute qu’un leadership vers une plus grande mixité des conseils, tant chez les chefs de la direction que chez les actionnaires, serait peut-être une meilleure approche. « Puisque les actionnaires sont les propriétaires de l’entreprise, on pourrait s’attendre à ce qu’ils accordent le plus grand intérêt à la mixité au sein de leurs conseils d’administration, un intérêt qui devrait augmenter la valeur de leur portefeuille. » Ces paroles ont été citées par Konigsburg au moment du lancement du plus récent rapport.
Je suis d’accord avec Dan Konigsburg sur le fait que l’attitude des chefs de la direction et des actionnaires constitue l’élément clé. Ils doivent avoir la ferme intention d’augmenter la diversité et de profiter des meilleurs talents disponibles. Leur processus de sélection d’un nouvel administrateur pour remplacer un administrateur existant ou pour élargir le conseil d’administration doit radicalement changer. La sensibilisation à l’inclusion des femmes doit être une réalité.
Les femmes ont besoin de plus d’occasions de prouver que leur leadership pourrait être tout aussi fort que celui des hommes ou même plus puissant.
Or, comme les hommes se sont recrutés entre eux naturellement, de même, dès que les femmes occupent les sièges qui leur sont réservés, elles doivent aussi recruter d’autres femmes et réduire l’écart entre les genres.
Dans un récent billet sur son blogue, Phyllis Deiso, de la National Association of Corporate Directors, dit : « De plus en plus de preuves soutiennent la conclusion que la mixité au sein des conseils d’administration entraîne de meilleurs résultats pour les actionnaires. »
Les preuves auxquelles elle réfère sont incluses dans le récent rapport du Crédit Suisse qui démontre que les entreprises ayant une capitalisation boursière de plus de 10 milliards de dollars US ayant au moins une femme siégeant au conseil d’administration ont un rendement qui surpasse de 26 % ceux qui n’en ont aucune.
Je vous invite à visiter le site « 2020 Les femmes dans les conseils d’administration » (« 2020 Women on Boards ») et prenez le temps de vous joindre à un groupe s’il y en a un dans votre région. Il est temps de vous afficher et de vous impliquer.
Place à la transformation
Alors, que la transformation commence pour qu’à l’avenir les blogues et les articles que nous lirons parlent des changements amorcés par nos conseils d’administration, de la réduction de l’écart et de l’atteinte des objectifs grâce à l’augmentation de la diversité aux conseils d’administration. En 2015, nous ne devrions entendre parler que des étapes qui ont entraîné la transformation officielle des conseils d’administration. Nos institutions, nos entreprises et nos industries partout dans le monde bénéficieront d’avoir, à leur table de conseil, les bonnes personnes siégeant aux bonnes places.
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